Le disciple de Jésus-Christ et la grève

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publié le 16/07/2011 à 11:44


Un vrai chrétien peut-il et doit-il faire grève ?
Quelle devrait être notre attitude face aux conflits sociaux ?
Que dit la Parole de Dieu à ce sujet ?

Cette question nous a été récemment posée, suite à la multiplication des mouvements de grève dans notre pays et à une rentrée sociale qui s’annonce d’ores et déjà « chaude » ( transports, enseignement, services publics, retraites…)

Je vous propose ci-après quelques pistes de réflexion succinctes qui n’ont pas la prétention de « faire le tour de la question », mais qui devraient pouvoir alimenter votre réflexion et vos prières.

1) Le travail de l’homme est un don de Dieu.
Au commencement de la création, Dieu a placé l’homme dans le jardin d’Eden qu’Il avait planté, « pour le cultiver et pour le garder » (Gen 2 :15). Voilà le travail ! ( voir enseignement détaillé de l’ICCC sur la signification du travail )
Dieu a fait don à l’homme du travail pour lui permettre d’exercer notamment sa créativité, ses dons et ses talents (à l’image de Dieu) et d’en retirer ainsi de la joie ! (voir comment en Gen 2:19-20 l’homme a exercé cette créativité).
« Le précieux trésor de l’homme c’est l’activité » (Prov 12 :27)
Ce n’est qu’en conséquence du péché que le sol a été maudit par Dieu et que le travail est devenu pénible pour l’homme (3 :17). Dans la pensée originelle de notre Dieu, il n’en était pas ainsi.
Or, combien de chrétiens travaillent encore avec cette pensée du travail vécu comme une contrainte !
Travailler, cultiver ( la terre ) se dit en Hébreux : AVAD. Or, adorer, servir, rendre un culte à Dieu se dit également AVAD !!!
Ainsi, dans la pensée du Créateur, travailler est un acte d’adoration, un service pour Dieu et pour les autres hommes.

2) Jésus-Christ a racheté l’homme ET le travail de l’homme.
Non seulement Jésus-Christ nous a rachetés – chacun de nous, individuellement – de cette malédiction, par son sang versé sur la croix, c’est-à-dire ce que nous sommes, mais Il a racheté également tout ce que nous avons, et tout ce que nous faisons…Notre vie toute entière a été rachetée par le Seigneur.
Ainsi, nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes. (1 Cor 6 :19) Toute notre vie et tous les domaines de notre vie appartiennent aujourd’hui de plein droit à notre nouveau Maître et propriétaire. Il est vraiment notre Seigneur ! Ainsi, notre travail ne nous appartient plus, mais il Lui appartient, Il en est le véritable patron. C’est la vision que porte notamment l’ICCC (Chambre de Commerce Chrétienne Internationale): amener le travail des hommes entre les mains du Seigneur, afin qu’Il puisse en disposer selon sa volonté, pour accomplir ses desseins !
C’est pourquoi la Parole de Dieu nous exhorte :
« Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au Nom du Seigneur Jésus, en rendant grâces, par Lui, à Dieu le Père » (Col 3 :17)
« Tout ce que vous faites, faites-le de toute votre âme, comme pour le Seigneur, et non pour des hommes… » (Col 3 :23)
« Car nous sommes ouvriers avec Dieu » (1 Cor 3 :9)

Le but ultime et premier du travail du chrétien est désormais de rechercher avant toute autre chose la Gloire de Dieu et la manifestation du royaume de Dieu sur cette terre.
« Cherchez premièrement son royaume et sa justice, et tout le reste vous sera donné par-dessus » (Mat 6 :33)
« Travaillez, non en vue de la nourriture qui périt, mais en vue de la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle… » ( Jean 6 :27)

3) Mon patron terrestre est un « mandataire » délégué par Dieu, une autorité que Dieu Lui-même a établie.
« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes » (Rom 13 :1-2)
Paul parle ici du principe de l’autorité comme ayant été institué par Dieu.
Il n’est pas question – ici – « d’autorité juste » ou « d’autorité injuste », mais d’autorité tout court ! (César représentait alors l’autorité, et Jésus a dit Lui-même qu’il fallait « rendre à César ce qui appartient à César »)
« Rendez à chacun ce qui lui est dû… » ( v6-7)
Eph 6 :5 « Serviteurs – ouvriers, employés, salariés…- obéissez à vos maîtres- patrons, employeurs- selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ….Servez-les de bon gré comme si vous serviez le Seigneur et non les hommes… «
« Serviteurs, soyez en toute crainte, soumis à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont difficiles…. » ( 1 Pi 2 :18)

Le texte établit clairement que toute rébellion, toute résistance contre l’autorité, est en fait rébellion contre Dieu Lui-même. Car Dieu est un Dieu d’ordre et l’ordre suppose le respect du principe de l’autorité. Il n’est écrit nulle part d’obéir « seulement et à condition que nous considérions que cette autorité est juste, bonne… » bien au contraire !

« CAR C’EST UNE GRACE ( = UNE FAVEUR !!!) QUE DE SUPPORTER DES PEINES PAR MOTIF DE CONSCIENCE ENVERS DIEU QUAND ON SOUFFRE INJUSTEMENT ! » (1 Pi 2 :19)

4) C’est seulement si l’autorité dont je dépends me demande de faire quelque chose qui transgresse ouvertement la Parole de Dieu, que je dois alors refuser de le faire.
« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » répondirent Pierre et les apôtres au souverain sacrificateur qui leur avait défendu d’enseigner au Nom de Jésus. (Actes 5 :29) Il est clair ici que cette interdiction humaine s’opposait à la volonté de Dieu de prêcher l’évangile !

Daniel également « supplia le chef des ennuques de ne pas l’obliger à se souiller par les mets du roi » (Dan 1 :8) , Là encore cette nourriture était contraire aux préceptes alimentaires donnés par Dieu aux Hébreux . Mais notez bien que Daniel n’a pas agi « comme un révolutionnaire » quant à sa manière de faire, mais qu’il a « supplié » le chef ! Quel attitude respectueuse chez Daniel !

Quel contraste avec l’attitude revendicatrice des syndicats et de ceux et celles qui les suivent !

5) La revendication ou réclamation de MES DROITS est opposée à l’esprit de l’évangile du royaume de Dieu. !

Comprenons bien ceci : tout l’esprit de l’évangile du royaume de Dieu, l’esprit de la nouvelle alliance, est un esprit d’abandon, de perte de ses droits, même légitimes, c’est l’esprit de renoncement, c’est l’esprit de la croix !

Mat 5 à 7 nous dépeint cet esprit que les apôtres vont reprendre à maintes reprises.

« Mais Moi ( Jésus) je vous dis de ne pas résister au méchant… Si quelqu’un veut te traîner en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui …Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent. ALORS, VOUS SEREZ FILS DE VOTRE PERE…( Mat 5 :39-45)

« Quand donc vous avez des différends pour les affaires de cette vie, ce sont des gens dont l’Eglise ne fait aucun cas ( les syndicats !) que vous établissez comme juges !Je le dis à votre honte…Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ? » ( 1 Cor 6 :4,7)

« Mais ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause du Christ. Et même, je considère tout comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur (mon patron !) A cause de Lui, j’ai accepté de tout perdre et je considère TOUT ( TOUT = tous mes avantages acquis et à venir, mes privilèges, mes droits…) comme des ordures ( litt : de la crasse) AFIN DE GAGNER CHRIST » (Phil 3 :7-8)

Savez-vous comment parle « le nouvel évangile d’aujourd’hui » ? ( Gal 1 :9-10), le nouvel évangile de « la prospérité », du refus de la croix, du confort et du plaisir personnels avant tout…(2 Tim 3 : 4-5)

« Si quelqu’un, si ton patron, si ton employeur, si l’Etat, si ton voisin…veut te léser, te causer du préjudice de manière injuste, alors, ce n’est pas parce que tu es chrétien qu’il faut te laisser faire…Défends-toi, défends ta cause…Il faut être bon mais pas c.. etc… »
Si quelqu’un veut te traîner en justice et prendre ta tunique, ne te laisse pas faire, empêche-le, prends un bon avocat et défends ta cause, et tu obtiendras son manteau en plus comme dédommagement… » (Evangile de Jésus-Christ revu et corrigé à la sauce du bien-être avant tout pour MOI !)

Comprenez-vous bien-aimés, pourquoi notre monde n’est pas davantage évangélisé ?
Parce que NOUS NE VIVONS PAS L’EVANGILE DE JESUS-CHRIST !!!
Nous sommes souvent des pharisiens qui disent…ET NE FONT PAS !

C’est que la mise en pratique de l’Evangile du Christ risquerait de nous apporter la persécution ! Pourtant, « c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » ( Actes 14 :22)

Que veut notre Seigneur par-dessus tout ?
« Que le méchant se repente et qu’il soit sauvé ! »
Jésus-Christ n’est-Il pas venu pour sauver tous les hommes de la perdition ?

Si Dieu veut avant tout sauver les hommes, puis-je, moi, chrétien, désirer autre-chose plus ardemment que celle-ci ?

Un disciple n’est-il pas quelqu’un qui a les mêmes motifs, les mêmes desseins que son Maître ? « Tout disciple accompli sera COMME SON MAITRE »

Jésus est-il venu pour préserver et sauver mes intérêts personnels avant tout ?
Mon salaire, ma retraite, mes avantages, mon confort, mes droits…sont-ils donc plus importants que ce but suprême ?

Ma première motivation dans le travail ne devrait-elle pas être la même que celle du Seigneur : voir des hommes et des femmes passer de la mort à la vie ?
N’est-ce pas cela « travailler en vue de la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle ? »

Or, comment la conscience de ces hommes et femmes qui exercent l’autorité – peut-être certes de manière injuste, ou qui décrètent des choses iniques – va-t-elle pouvoir être touchée, afin qu’ils se repentent et soient sauvés, s’il est possible ?
En faisant preuve dans mes comportements d’un esprit identique à celui qui les anime ? En « tapant du poing sur la table ? », en « revendiquant, en se rebellant, en s’opposant, en manifestant… comme ils font eux-mêmes ?
Certainement pas !

Voilà pourquoi l’apôtre Pierre dit que c’est « une grâce de supporter la souffrance…C’EST A CELA QUE VOUS AVEZ ETE APPELES, parce que Christ, Lui aussi, a souffert pour vous et VOUS A LAISSE UN EXEMPLE AFIN QUE VOUS SUIVIEZ SES TRACES… Lui qui…souffrant ne faisait pas de menace, MAIS S’EN REMETTAIT A CELUI QUI JUGE JUSTEMENT… »

Pourquoi est-ce une grâce ?

Parce que justement, grâce à l’injustice devant laquelle je suis éventuellement placé, je vais pouvoir manifester l’Esprit de Christ qui est en moi et donner ainsi une opportunité « au pécheur » d’être convaincu de péché et de se repentir !

C’est quand il fait noir que la plus petite flamme d’une bougie peut se voir de très loin, et non en pleine lumière !

Comment les hommes, en l’occurrence les dirigeants, les patrons, les responsables, les gouvernants…verraient-ils briller la flamme de l’évangile du salut, s’ils marchaient déjà dans la lumière ou bien si ceux qui sont les porteurs de cette lumière et se disent disciples de Christ se comportent comme ceux qui sont dans les ténèbres ?

6) Quelle est alors la bonne attitude face à une injustice ?
Considérons le fond et la forme de ma réaction de disciple :

1) Sur le fond, il est juste devant Dieu, de dénoncer, de condamner les œuvres des ténèbres : le mensonge, l’iniquité sous toutes ses formes…
« Examinez ce qui est agréable au Seigneur et n’ayez rien de commun avec les œuvres stériles (infructueuses) des ténèbres, mais plutôt dénoncez-les » ( Eph 5 :10-11)
(Notez au passage que « n’avoir rien de commun avec les œuvres des ténèbres, c’est aussi ne pas partager leurs réactions, dont la grève !!!)
Le chrétien ne doit pas en effet « couvrir » le mal, le péché, par lâcheté, par faiblesse, par crainte ou autre motivation. Encore faut-il qu’il soit établi nettement que telle ou telle décision, tel ou tel acte, tel ou tel projet de loi est injuste, eu égard à la Parole de Dieu. Les faits – et non des suppositions, des calculs, des éventualités – doivent être clairement établis !
Paul a eu par exemple cette attitude en Actes 16 :37

2) Mais, quant à la forme, n’oublions jamais que si Dieu a en horreur le péché, Il aime le pécheur et veut qu’il se repente.
Il me faut examiner mon propre cœur : ai-je de la compassion réelle pour celui ou celle qui commet le mal ? Ai-je un désir profond de le ou la voir sauvé(e), transformé(e), changé(e)… ?
Soyons vrais : quel est mon plus grand désir ? Protéger mes intérêts personnels ou voir les pécheurs sauvés ?

C’est avec amour, respect, douceur, considération d’autrui, fermeté, ( la douceur n’empêche pas la fermeté) que je parlerai à l’auteur de cette injustice. C’est le mal que je dois condamner et juger, et non pas celui ou celle qui commet le mal.
Puisque mon travail est désormais la propriété de Jésus, c’est Jésus Lui-même qui aura à défendre ce qui Lui appartient, comme et quand Il le voudra. Ma part est de tout remettre entre Ses mains et de Le laisser agir…C’est Lui qui est lésé et non pas moi ! C’est à Lui et à Lui seul de faire rendre des comptes ! Mais Il me demandera compte, à moi son disciple, de la manière dont j’aurai géré les dons et talents qu’Il m’a donnés, pour sa gloire !
« Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien aimés, mais laissez agir la colère… » (Rom 12 :19)

En conclusion, bien aimés frères et sœurs, je suis persuadé pour ce qui me concerne, que les mouvements de mécontentement social et les grèves qui les accompagnent et devraient s’amplifier dans les mois à venir, nous fournissent, à nous qui sommes vraiment des disciples du Christ, des Fils matures, une opportunité formidable pour VIVRE et manifester le bon parfum de Christ et de son royaume au milieu d’un monde en décomposition, en putréfaction avancée.

Par notre attitude empreinte de justice, de vérité et d’amour, nous « ferons tout sans murmures ni discussions pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu sans reproche, au milieu d’une génération corrompue et perverse, parmi laquelle nous brillerons comme des flambeaux dans ce monde, portant la parole de vie » (Phil 2 :14-16)

Nous porterons la Parole, c’est-à-dire Christ, non seulement dans le sens de « prêcher, annoncer la Parole », mais nous serons aussi « ces lettres de Christ, ouvertes, connues et lues de tous les hommes, NOUS INCARNERONS CHRIST dans ce monde en général et dans ce monde du travail et des entreprises en particulier, nous serons ses ambassadeurs en esprit et en vérité et nous verrons son royaume et son règne s’étendre, et le Seigneur ajouter à l’Eglise ceux et celles qui sont sauvé(e)s.

Je vous propose en conclusion de FAIRE LA GREVE !

LA GREVE DE NOS REVENDICATIONS, LA GREVE DE NOS RECLAMATIONS, LA GREVE DE NOS INSATISFACTIONS DE CHRETIENS REPUS D’OCCIDENT, LA GREVE DE NOS DESIRS CHARNELS QUI FONT LA GUERRE A L’AME…

Et si on combattait POUR LA RETRAITE…Oui, pour la RETRAITE… DE L’ENNEMI …selon Eph 6 ?

Et si on créait un « syndicat « ? Comme par exemple :

LE «SAINT DIT: QU’A…vons-nous de commun avec ce monde?»

Bien fraternellement,

Votre frère et serviteur Jacques Caruel 





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